Le déneigement et la brouette saleuse
- Estelle Lévêque
- 21 févr. 2019
- 2 min de lecture

J'ai donc réalisé un contrat à la Tour-du-Pin qui n'a pas été des plus simples. En effet, le chagrin m'accompagnait et j'ai eu un gros mouvement social à couvrir puisque les Gilets jaunes ont débarqué sur les ronds points. Enfin bref, après ces deux mois turripinois, la directrice départementale m'a proposée de rejoindre la rédaction voironnaise pour deux mois supplémentaires. J'étais très contente de la confiance accordée par cette rédaction. Je suis donc retournée à Voiron et j'ai très vite pris à nouveau mes marques au sein de cette agence.
Au fil des jours, nous nous mettions d'accord sur les différents sujets à couvrir dans les deux secteurs : celui de Voiron et celui de Saint-Marcellin. Le mouvement des Gilets jaunes commençait à être plus calme et les articles s'enchaînaient sur un rythme soutenu que nous suivions assidûment. Notamment avec un journaliste qui s'appelle Julien Picaretta. Il m'a permis de prendre confiance en moi, d'avoir davantage d'assurance et de me tester sur des sujets que je ne maîtrisais pas spécialement.
La touche en plus
Un jour de février, alors que de la neige était annoncée à la météo, il m'a demandée le plus sérieusement du monde si je savais comment fonctionnaient les saleuses. Nantaise d'origine, ces machines m'étaient étrangères, alors non je ne connaissais pas le fonctionnement de ces engins. Un coup de fil à la chargée de communication de la ville de Saint-Marcellin me permettait, dès le lendemain de rejoindre les agents qui assureraient le déneigement.
Julien m'avait demandé de réaliser une page en images à propos de ce travail régulier. Je me suis donc rendue au petit matin à Saint-Marcellin et j'ai suivi ces hommes à bord de leur engin. J'étais un peu comme une enfant, je découvrais tout un monde jusqu'alors inconnu. Je leur posais des questions, je m'intéressais de très près à ce tout ce qu'ils faisaient. J'en suis ressortie très satisfaite, avec des images très sympa. Je me suis alors rendue compte que le journalisme, c'était aussi ça : créer de l'exceptionnel avec de l'ordinaire. Car si nos lecteurs avaient l'habitude de voir ces machines, je me suis attachée à "mettre de l'humain" dans mon papier.
Aujourd'hui encore, je me sers de ce reportage quand je vais sur des terrains qui paraissent familiers à nos lecteurs. Je me creuse la tête et m'interroge pour savoir qu'est ce que je pourrais apporter de neuf et de différent à ce qu'ils ont l'habitude de lire. Finalement, à force de réfléchir de la sorte il est assez rare que je tombe dans le marronnier. Ces sujets faits et refaits qui lassent le public. Il arrive aussi qu'on apporte une touche d'originalité ou d'humour à nos articles : fiers d'eux, les agents municipaux m'avaient présenté une brouette saleuse. Ainsi, ils pouvaient déneiger les trottoir ou les cours d'école. En plus d'avoir fait beaucoup rire mes collègues, cet instrument était très utile aux habitants qui n'en avaient pas forcément la connaissance.
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